Afrique: les flux financiers illicites au banc des accusés
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La CEA propose d’atteindre le seuil de la diversité économique. Elle appelle les gestionnaires étatiques à une discipline budgétaire, à définir des stratégies de gestion de la dette publique.
C’est entendu. Et c’est connu des instances des Nations-Unies. Les flux financiers illicites entrainent chaque année une perte chiffrée à 90 milliards de dollars. La Commission des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) dans un communiqué rappelle qu’une minorité de la population exploite les ressources naturelles à savoir l’or, le diamant, les terres fertiles, l’énergie solaire, et elle en abuse au détriment de la majorité en proie à la pauvreté.
La Commission des Nations Unies pour l’Afrique confirme que les flux financier illicites confinent dans la difficulté et la souffrance 282 millions de personnes. Elles ploient sous le poids de la sous-alimentation. A cela s’ajoute l’endettement des pays d’Afrique. Ils sont surendettés à hauteur de 1 000 milliards de dollars.
« Les taux d’intérêt élevés » justifient ce surendettement. Pire « les emprunts peu productifs enferment de nombreux pays africains dans un cycle de dépendance financière », explique la CEA. Paradoxe des paradoxes, l’Afrique emprunte pour « rembourser des prêts antérieurs ». Un comble atteint qui maintient l’Afrique dans le filet de l’obstacle.
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Et c’est trop. La Commission des Nations Unies pour l’Afrique a attendu les échanges pour esquisser des « solutions pratiques » susceptibles de « transformer la richesse de l’Afrique en prospérité » pour creuser l’abcès.
À Gaborone au Botswana, les experts ont évoqué à nouveau la pauvreté, les inégalités et le sous-développement. Ces maux poussent les Africains à s‘exiler, à partir s’installer à l’étranger pour un mieux être alors que le continent regorge d’immenses ressources naturelles.
La CEA propose d’atteindre le seuil de la diversité économique. Elle appelle les gestionnaires étatiques à une discipline budgétaire, à définir des stratégies de gestion de la dette publique. Il doivent élaborer et instituer des mécanismes solides et efficaces qui vouent à créer de marchés de capitaux nationaux.
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La Zone de libre-échange continentale africaine constitue aux yeux de la CEA quelque chose de fondamentale. Elle va réduire la dépendance de l’Afrique aux exportations de matières premières. Elle verra le continent développer l’industrie locale.
Déjà en novembre 2020, la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) comptait "S'attaquer aux flux financiers pour le développement durable en Afrique".
Elle a voulu consacrer son énergie et ses ressources à endiguer le pillage des ressources de l'Afrique. Elle n’est pas parvenue à réduire les pratiques fiscales et commerciales, à attenuer les marchés illégaux, à endiguer le financement du terrorisme voire à réduire la corruption.
D’autant plus que « l'Afrique perd entre 30 et 52 milliards de dollars par an à cause de la mauvaise facturation commerciale, en particulier la sous-facturation dans le secteur des industries extractives », a rappelé le directeur de la CNUCED pour l'Afrique, les PMA et les programmes spéciaux, Paul Akiwumi.
L’Afrique exploite à peine une niche. L’aide publique au développement. Elle peut aider à diversifier son économie. Les flux financiers illicites continuent d'être une gangrène à l’économie et au développement de l’Afrique.
Et pour cause, la CNUCED n’est pas parvenue à avoir un contrôle sur les pratiques des multinationales opérant dans les industries extractives. Elle n’a contribué aucunement à créer des institutions fortes. Mieux, elle ne parvient pas à faire appliquer des mesures fiscales réglementaires.


