Kamel Koné : « Les banques doivent soutenir l’industrie pétrolière essentielle au développement économique de l’Afrique »
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La Côte d’Ivoire attire aujourd’hui de nombreux investisseurs grâce aux importantes découvertes pétrolières réalisées ces dernières années.
Kamel Koné, directeur général adjoint de HYDRODRILL SA et président du GESPETROGAZ-CI analyse les défis et opportunités liés à l’essor du secteur pétrolier africain. Il plaide pour une intégration des entreprises africaines pour mieux valoriser et capitaliser les ressources énergétiques de l’Afrique.
Dans un contexte de redynamisation du secteur pétrolier en Côte d’Ivoire, comment évaluez-vous aujourd’hui le positionnement des acteurs locaux dans la chaîne de valeur, et quelles sont, selon vous, les principales marges de progression ?
Il est important de rappeler que la Côte d’Ivoire attire aujourd’hui de nombreux investisseurs grâce aux importantes découvertes pétrolières réalisées ces dernières années. Le pays bénéficie également d’un environnement économique et politique relativement stable, favorable aux affaires.
Toutefois, notre industrie pétrolière est encore en phase de construction. Historiquement, le secteur a été dominé par des acteurs internationaux, en raison des besoins considérables en capitaux, en technologies et en expertise.
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La Côte d’Ivoire a néanmoins pris les devants en adoptant très tôt une loi sur le contenu local. Cette réglementation vise à permettre aux entreprises ivoiriennes de bénéficier des retombées économiques générées par l’exploitation des ressources pétrolières.
L’un des aspects les plus intéressants de cette démarche est qu’elle a été élaborée en concertation avec les acteurs privés. Les entreprises locales ont pu identifier les activités qu’elles étaient capables d’exécuter et contribuer ainsi à la définition des différentes catégories d’activités.
Aujourd’hui, certaines activités sont exclusivement réservées aux entreprises nationales, tandis que d’autres nécessitent encore des partenariats avec des sociétés internationales. À mesure que les entreprises ivoiriennes gagneront en expérience et en compétence, de nouvelles activités pourront progressivement leur être confiées.
C’est dans cette logique qu’a été créé le Groupement des entreprises de services pétroliers et gaziers de Côte d’Ivoire (le GESPETROGAZ-CI) , qui joue un rôle d’interface entre les entreprises locales et les autorités publiques.
La marge de progression reste considérable, d’autant plus que la Côte d’Ivoire a eu l’avantage d’anticiper ces enjeux avant même l’accélération des découvertes majeures.
À l’échelle africaine, le développement de l’industrie pétrolière reste fortement dépendant des acteurs internationaux. Comment les pays africains peuvent-ils mieux capter la valeur issue de leurs ressources pétrolières ?
Le secteur pétrolier est, par nature, extrêmement capitalistique. Or, l’un des principaux défis de l’Afrique demeure l’accès au financement.
Certains pays ont réussi à développer de véritables champions nationaux, notamment le Nigeria, l’Angola ou encore l’Algérie. Nous devons nous inspirer de ces expériences et favoriser davantage la coopération entre pays africains.
Lorsque nous parlons de coopération, il ne s’agit pas uniquement des États. Les acteurs privés doivent également intensifier leurs échanges afin de partager les bonnes pratiques, les technologies et les opportunités d’affaires.
C’est dans cet esprit que nous avons lancé une plateforme panafricaine permettant d’interconnecter les entreprises de services pétroliers du continent. Cette initiative facilite le partage d’informations sur les appels d’offres, les innovations et les opportunités de partenariat.
Nous avons été agréablement surpris par le niveau de compétence de nombreux acteurs africains rencontrés, du Mozambique à l’Algérie. Il existe déjà de véritables champions africains qu’il faut davantage valoriser.
L’autre enjeu majeur concerne le financement. Nous attendons beaucoup de la future Banque africaine de l’énergie, ainsi que de la capacité des institutions financières africaines à développer des solutions adaptées aux besoins du secteur.
Dans un contexte où les financements internationaux se raréfient pour les projets liés aux hydrocarbures, les banques africaines doivent innover afin de soutenir une industrie qui demeure essentielle au développement économique du continent.
sources Financialafrik.com
Nous attendons beaucoup de la future Banque africaine de l’énergie, ainsi que de la capacité des institutions financières africaines à développer des solutions adaptées aux besoins du secteur.


