Le Cameroun pressenti à changer de cap de l’allègement fiscal
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L’État s’apprête à appliquer des mesures particulières quitte à déroger au système fiscal de référence.
Encore une énième fois, le gouvernement pousse le parlement à modifier la loi d’avril 2013. Cette loi incite à l’investissement privé au Cameroun. Elle va être rectifiée pour rationaliser les dépenses fiscales de l’État. Il s’agit de « mieux aligner les secteurs éligibles aux priorités de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 », précise le ministère des Finances.
Progressivement, tel que indiquer dans le document de programmation économique et budgétaire (2026-2028), le gouvernement compte « substituer les exonérations par des crédits d’impôt mieux ciblés ». Jusqu’au bout, il révise sa stratégie pour « renforcer les mécanismes de suivi et d’évaluation des dépenses fiscales».
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Ces dépenses fiscales chiffrées à 449,4 milliards de FCFA en 2023 peut aussi expliquer ce changement de cap. A cette date, pour encourager l’investissement privé, l’État renonçait à des taxes de 113,5 milliards de FCFA. Aussi, l’État a sur le dos le Fonds monétaire international (FMI). L’institution de Brettons Wood « encourage les autorités (...) à réviser la loi de 2013, afin de rationaliser les incitations à l’investissement ».
Cette pression subie a été marquée dans un communiqué du 30 janvier 2025 à l’issue d’une revue du programme économique et financier du pays. L’État s’apprête à appliquer des mesures particulières quitte à déroger au système fiscal de référence. Dans un passé récent, elles ont été à la source des pertes de recettes de l’État.
A présent, il veut lever tout obstacle pour optimiser leur impact économique et social. Or, ce qui « fait perdre des recettes importantes à l’État et augmente la pression fiscale sur les entreprises existantes », observe le patronat, la main dans la baguette, ce sont des mesures inadaptées aux objectifs recherchés dans la loi de 2013.
La richesse cachée des incitations fiscales et douanières accordées de 198 milliards de FCFA, se chiffrent à 41 milliards de FCFA. Elle produit 0,0018 % du PIB. Ce qui est moins important pour arriver au niveau du citoyen vulnérable.


