Territoires: autour du cocktail productif
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Encore, j’ai du mal à résister aux mots de la première page d’un rapport. Je me saisis de l’exemplaire. Je feuillette ces écrits, et mon regard se porte sur ce qui est inscrit en profondeur. Je m’attarde sur les journées économiques et internationales des communes du Cameroun.
Cette Afrique en miniature, un pays au potentiel touristique avéré, ce continent magnifique toujours convoité, a programmé raconter la marge progressive des collectivités territoriales.
Le déroulé a été connu du 4 au 6 juin au palais de congrès de Yaoundé. C’est savamment pensé. Le thème est révélateur de l’indicateur économique des territoires.
Territoires: capitaliser les acquis
L’intellect mis à profit, les maires et les conseillers municipaux s’appliquent à transformer les territoires en « Commune de Production ». Et leur stratégie tient à un cocktail productif pour conduire les territoires camerounais « vers la maturation et la concrétisation des projets ».
Les atouts physiques et les sites touristiques habitent les collectivités territoriales malgré qu’elles sont plongées dans l’incertitude d’une avancée de la décentralisation. Convaincus de capitaliser les acquis, les municipalités entretiennent le nœud social. Et rien ne peut les arrêter.
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Elles s’appuient encore sur un partenaire de poids pour faire de leurs territoires de pôle où se produisent des richesses. Le fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale finance à hauteur de 966, 540 millions de dollars et plus de 6000 projets issus des collectivités territoriales. Le Feicom puise cet argent dans ses guichets. Il accorde un financement aux communes qui respectent la performance durable.
Cette performance s’identifie à l’esprit de compétitivité de producteurs locaux qui s’épanouissent au sein des territoires pleines d’opportunités. Même au plus profond de nos communes, des paysans, des artisans, marchent dans le savoir, ils transforment les produits cultivés de la terre moulée. Quelque chose résonne dans leurs tympans. Ils innovent.
D’autres se mettent à l’école de l’ingénierie agricole. Leurs travaux améliorés, magnifiques, respectent les normes de paquetage, des étiquettes, de l’emballage. Le marché du Made in Cameroon s‘ouvre, il devient accessible, il commence à être accepté. Progressivement, les produits fabriqués se consomment. Cela améliore les revenus des agriculteurs. On se rapproche d’un aboutissement.
Le Feicom, soutien institutionnel des communes construit des galeries marchandes sur ces territoires. Cela crée une ouverture à des showroom où le Made in Cameroon s’expose, il s’offre une visibilité certaine. Mais, ils sont confrontés à un marché limité. Alors, les communes ont cru bon de tendre la main à une caisse.
Une caisse spéciale, une caisse spécifique. On effectue des dépôts dans ce coffre-fort. Et il tient lieu de consignation de fonds. Cette caisse de dépôts et de consignation du Cameroun avoue son incapacité à atteindre une masse critique de mobilisation de ressources financières.
Et par conséquent, malgré cette marque d’intérêt, cette duchesse refuse de saisir la main tendue des collectivités territoriales pour son concours à la maturation de leurs projets.
Or, les coups de rabots de cette caisse n’encouragent les communes qui s’efforcent à ouvrir des couloirs économiques aux promoteurs de la grande et de la petite industrie. Elles ouvrent des vannes aux produits locaux. Et faute d’énergie, les territoires confrontés aux coupures intempestives d’électricité, ils succombent aux pannes.
Le distributeur attitré s’en moque. Les municipalités assument cette faiblesse. Pour autant, l’État qui scrute l’activité des entreprises peut-il amener les producteurs à conquérir des marchés inexistants sans alternance énergétique ? Pour l’heure, il opère un sursaut.
Il veut acheter les parts d’action de l’actionnaire majoritaire de Eneo. Ce dernier se dispose à céder ses parts, c’est-à-dire 51 % du capital à l’Etat du Cameroun. Si ce rachat des parts aboutit et que l’État du Cameroun pose 138, 840 millions de dollars sur la table, alors, il va détenir 95% du capital de Eneo.
Il va s’imposer sur ce panneau électrique pour aider les communes et les entrepreneurs des territoires pour qu’ils soient productifs. Pas si vite, avant de crier victoire, il faudra accepter qu’on grignote sur le temps de production.


