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Afrique : l’urgence de bâtir de systèmes alimentaires portés à la croissance

  • Charles Onana
  • Economie

Quatre ans après la mise en œuvre de la Facilité africaine de production alimentaire d’urgence, la Banque africaine de développement se met à la table de la croissance.

Cela sonne comme une évidence voire une urgence. Pour prévenir des pénuries alimentaires inopinées, la Banque africaine de développement accorde un soutien agricole à 20 millions de petits exploitants agricoles africains.

 

A l’heure d’évaluer le chemin parcouru de cette facilité mise en œuvre depuis 2022 avec dans la cagnotte 1,5 milliard de dollars, cette institution bancaire panafricaine se met à la table de la croissance.

 

Elle choisit son angle. La BAD fixe cette croissance avec le marché comme un axe précis. Et le Forum africain des systèmes alimentaires à Kigali au Rwanda, vient à point à tel enseigne que la Banque africaine de développement campe « des interventions d’urgence à la résilience des systèmes alimentaires ».

Production alimentaire: leçons apprises

Elle tient à tirer « les enseignements de la Facilité africaine de production alimentaire d’urgence pour la prochaine génération d’investissements agricoles en Afrique ».

 

Au vu des expériences et des acquis, il convient de sortir le système alimentaire africain des « interventions d’urgence ». Les politiques ont la responsabilité de diversifier les « sources d’approvisionnement en denrées alimentaires ».

 

Par ailleurs, les gouvernements doivent s’engager à mettre en place « une architecture de financement » qui crée une synergie d’action à la fois des capitaux publics, concessionnels et privés. Et de là, il nait une « gestion transparente des réserves alimentaires stratégiques ». Mieux, sur ces « leviers essentiels », c’est possible d’aboutir à des systèmes alimentaires résilients.

 

Systèmes alimentaires en Afrique: en faire un

investissement public

Cela appelle à un investissement public qui apprête une « préparation des systèmes alimentaires ». A l’instar de la Coalition pour le développement de la riziculture en Afrique qui a été une source de revenus économiques.

 

Au bout des doigts des organisations paysannes et de petits exploitants agricoles, on compte les gains de la Facilité africaine de production alimentaire d’urgence.

 

Avec environ 15 millions d’agriculteurs dans 34 pays bénéficiaires de cette facilité, ils ont fourni au continent 45 millions de tonnes supplémentaires de denrées alimentaires.

 

Et au Nigeria par exemple, les agriculteurs ont multiplié par quatre la production de blé. Au cours de la campagne agricole 2026-2027, 140 000 tonnes vont sortir des terres des localités de Kano, Borno, Bauchi, Yobe, Zamfara et Jigawa.

 

Cette production attendue confirme une hausse de 7 % par rapport à l'année précédente. Le Nigeria a produit environ 0,2 million de tonnes de blé, à en croire les instances agricoles nationales. La Côte d’Ivoire, quant à elle, à la suite de la mise en œuvre de la facilité, a doublé sa production de maïs.

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