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Agroécologie et systèmes alimentaires : les médias impliqués dans le mouvement

l’Afrique ne pourra atteindre sa souveraineté alimentaire en ne mettant pas au centre de ses politiques ceux qualifiés de petits producteurs et qui occupent 95% des terres agricoles, produisent 60% de l’alimentation africaine et emploient 2/3 de la population rurale

L’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique vient d’organiser à Dakar au Sénégal un atelier de formation sur les narratifs relatifs aux systèmes alimentaires africains sur le thème : « Comprendre et recadrer les récits alimentaires africains ».

 

A Dakar, chaque professionnel de médias a appris ce qu’il ne devrait pas faire lorsque ce dernier crée des contenus. Pourtant, jusqu’ici, le créateur de contenus est parvenu à le faire. A présent, l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA) a amené les journalistes à « mieux comprendre » et à « rendre compte des systèmes alimentaires ».

 

Du 28 au 30 août, cette organisation non gouvernementale a outillé la quinzaine de professionnels de médias à l’analyse critique et au compte rendu des systèmes alimentaires africains. Elle a réussi à forcer les créateurs de contenus à « identifier et combler les lacunes et les biais dans la couverture médiatique de la sécurité alimentaire en Afrique ».

sormais, ils s’engagent à faire ce qui est bon à travers « un récit contextualisé et ancré localement ». Les professionnels de médias vont ignorer les « discours dominants sur l'agriculture industrielle » et promouvoir la souveraineté alimentaire, l'agroécologie voire « les solutions africaines » contenues dans le « discours public et politique ».

 

Contrecarrer le discours dominant

Plus rassurant, à travers le projet « Transformer le système alimentaire africain » (TAFS), y compris la campagne « My Food Is African », les journalistes comprennent mieux les systèmes alimentaires africains.

 

Dans leurs narratifs et récits, par ailleurs critiques et contextualisés, ils accordent plus d’espaces à l'agroécologie, la souveraineté alimentaire et aux innovations africaines. De là, les professionnels de médias contribuent à contrecarrer « les discours dominants sur l'agriculture industrielle ».

 

Et cela convient à le dire. L’agriculture industrielle domine notre système alimentaire. Il « repose sur les combustibles fossiles, les intrants chimiques, les monocultures et la consolidation des entreprises », souligne le coordonnateur général de AFSA, Million Belay.

 

Avec à la clé un effet destructif de l'environnement, « de mauvais résultats en matière de santé et la pauvreté rurale ». Or, le choix de l’agroécologie constitue une alternative.

 

Agroécologie : une alternative

Car, « elle favorise la biodiversité, nourrit le sol, respecte les savoirs autochtones et locaux et renforce les économies locales », précise Million Belay. Avec la pratique de l'agroécologie, les agriculteurs défient de « puissants intérêts qui profitent du statu quo ».

 

En l’occurrence « les entreprises agrochimiques, les monopoles semenciers, les spéculateurs fonciers et les chaînes d'approvisionnement mondiales » dédiés à exploiter « la main-d'œuvre et la terre ». Une raison convenable pour faire de l’agroécologie « un outil de transformation et non un produit de plus sur les étagères ».

Faute de quoi « l’Afrique ne pourra atteindre sa souveraineté alimentaire en ne mettant pas au centre de ses politiques ceux qualifiés de petits producteurs et qui occupent 95% des terres agricoles, produisent 60% de l’alimentation africaine et emploient 2/3 de la population rurale », a indiqué le directeur exécutif de CICODEV Africa, Amadou Kanouté, lors de cette session de formation.

 

Et l’invite de AFSA vient à point. Le coordonnateur des systèmes alimentaires, Andrew Adem, a accordé un rôle prépondérant aux professionnels des médias à un éveil de la conscience collective pour la souveraineté alimentaire en Afrique.

 

Dans leurs narratifs et récits, les journalistes doivent ouvrir de brèches au mouvement social qui « donne vie et force » à l'approche agroécologique. Ils devront y intégrer la science qui à la fois guide et inspire la pratique agroécologique.

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