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Souveraineté alimentaire : AGRA accusée d’influencer les politiques agricoles en Afrique

A l’orée des effets des activités de l'Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), notamment son « influence significative sur les politiques agricoles » en Afrique, l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA) dénonce cette emprise.

Cette ascendance à la fois avérée et démesurée conduit à marginaliser les pratiques agroécologiques. Elle accorde la priorité à un modèle agricole intensif et industriel.

 

L’AGRA modélise une pratique courante. Elle marginalise « les petits exploitants agricoles » et par dessus tout, cet organisme les écarte des « alternatives durables et agroécologiques ».

AFSA: le rapport

Le rapport de l’AFSA illustre cette influence politique de l’AGRA via la Plateforme africaine de partenariat pour les semences et la biotechnologie (ASBPP).

 

Elle use de ce programme de l'Union africaine pour exiger de systèmes semenciers des « règles et des normes strictes » avant de formaliser et de commercialiser sur ce tableau. Ce manque de transparence éloigne du réseau les semences paysannes.

Agroécologie: perte de place

Dans cet environnement, l’agroécologie ne trouve pas de place. C’est le cas au Kenya notamment dans le comté de Vihiga où l’AGRA fragilise les « politiques agroécologiques » au profit d’une « agriculture intelligente face au climat ».

 

Plus loin en Zambie, cette organisation soutient la transformation globale de l’agriculture au point d’accorder la « priorité aux chaînes d’approvisionnement axées sur l’exportation ». Elle s’oppose aux initiatives de petits exploitants agricoles voire à l’agroécologie souligne le rapport de AFSA.

 

Une collision nait et cela fait élever des voix qui s’élèvent contre ce « modèle de blocs agricoles ». Elles assimilent la « révolution verte » à la « promotion de l'agroécologie, qui est prête à déclencher la régénération de toutes les formes de vie et des matières », indique l'Alliance zambienne pour l'agroécologie et la biodiversité.

AGRA: influence au Ghana

Au Ghana, l’AGRA fait passer un message. Son avis tend à promouvoir de nouvelles lois sur les semences. Ce qui, justement, facilite « l'accès au marché pour des entreprises étrangères comme Monsanto (aujourd'hui Bayer) et DuPont (aujourd'hui Corteva) ».

 

Avec le projet de loi, Plant Breeders' Bill, faute de lever le voile, les organisations paysannes lèvent un bouclier pour s’inquiéter d'un possible monopole du marché des semences des entreprises internationales.

 

Cette influence de l’AGRA met en colère AFSA. Elle plaide pour l'intégration de l'agroécologie, de la souveraineté alimentaire et des systèmes de semences gérés par les agriculteurs dans les cadres politiques nationaux et continentaux.

AFSA: recommandations

L’AFSA veut « mettre en place des mécanismes de transparence dans l'élaboration des politiques. Elle appelle l’Afrique à « soutenir les initiatives de renforcement des capacités des gouvernements locaux et des organisations de la société civile ».

 

Et ce pour « protéger les initiatives agroécologiques de base contre la cooptation par les entreprises ». Mieux, au-delà de « sauvegarder les intérêts des petits exploitants », AFSA affiche son rejet des « politiques qui favorisent la monoculture au détriment des systèmes alimentaires locaux ».

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