Afrique : des sols enrichis pour produire de la bonne nourriture
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De plus en plus de paysans en Afrique s’éloignent des monocultures d’engrais chimiques et de pesticides. Comme leurs ancêtres, ils apprennent de nouveau à cultiver une diversité de plantes en utilisant des méthodes agricoles naturelles. Cette diversité de culture et les approches agricoles naturelles améliorent leurs sols. Elles fournissent des aliments nutritifs à leurs familles.
Nekoye est à la maison pour quelques semaines, et elle est bouleversée. Elle en est à son premier trimestre de grossesse. La jeune dame a une envie de champignons sauvages, séchés au soleil et cuits sur un feu ouvert.
Mais sa mère, Nelima, dit qu’il n’y a pas encore de champignon, même si les pluies ont commencé. Nokoye sait juste qu’elle a envie de manger des champignons.
Ce dont elle n’est pas consciente, c’est que les champignons sont pleins de minéraux vitaux, indispensables à sa croissance et à celle de son bébé. Mais son corps le sait, et elle l’écoute !
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Elle se souvient qu’enfant, lorsque la saison des pluies arrivait, il y avait plein de champignons ! Lorsque Nekoye rentrait à son domicile, sa mère cuisinait les champignons ramassés la veille. On les aurait laissés sécher au soleil pour leur donner cette saveur de viande séchée. L’idée du délicieux dîner qui attendait Nekoye lui remettait l’eau à la bouche.
Elle se souvient s’être aventurée dans la ferme, ses yeux entraînés repérant rapidement les endroits où les bouquets de champignons poussaient comme par magie du jour au lendemain.
Nekoye les tirait soigneusement par les racines des sols riches qui entouraient sa maison, remplissant son sac à genoux de l’abondance des champignons en quelques minutes avant de rentrer à la maison.
Nekoye y trouvait ses sept frères et sœurs assis autour du feu de cuisine, chacun tenant avec impatience une assiette en émail remplie de ragoût de champignons, en attendant qu’elle se glisse dans leur cercle et prenne son propre petit bol délicieux.
Le souvenir de ces jours-là, du goût et de l’odeur divins des champignons en quelques minutes est encore vif dans sa mémoire. « Maman, que s’est-il passé ? Pourquoi les champignons ont-ils disparu ? », demande Nekoye.
L’agent agricole d’un nouveau projet dans notre village nous a dit que nous avons prélevé du sol sans donner en retour, de sorte que maintenant, il est fatigué. Nous n’avons fait que cultiver une seule plante, une seule plante qu’il appelle monoculture, avec trop d’engrais chimiques.
Il m’a dit qu’à cause de toutes ces choses, le sol est devenu trop acide pour supporter les champignons. De plus, la coupe des arbres a provoqué l’érosion de la riche couche arable dans laquelle les champignons poussaient toujours.
« Ce ne sont pas que les champignons », ajoute la mère de Nekoye. « Il s’agit de notre productivité agricole qui a diminué au fil des ans, des conditions météorologiques imprévisibles, des ruches sans abeilles, des coûts élevés de l’élevage laitier, de la baisse des rendements, de la rareté du bois de chauffage, etc... ».
Cette situation a amené Nelima à dépendre de l’argent que Nekoye lui envoie. Elle craint ce qui se passerait si Nekoye perdait son emploi, ou si elle fondait sa propre famille, il ne resterait plus grand-chose. Nelima est triste de constater que sa ferme n’est plus en mesure de répondre aux besoins alimentaires de sa famille, ni de l’aider à scolariser ses jeunes enfants.
« Mais j’ai un peu d’espoir maintenant grâce au soutien de cette organisation qu’on appelle Vi Agroforestry. Elle a une certaine expérience sur les moyens de restaurer la productivité de la ferme.
Demain matin, je vais vous emmener dans notre petite « cuisine du sol ». C’est ce que notre chargé de projet appelle notre site de démonstration, où nous apprenons tous à cuisiner pour le sol et à le nourrir.
Une des méthodes consiste à faire du fulier de compostage, c’est-à-dire les résidus de nos récoltes. Ils sont combinés avec le fumier des animaux qui est riche en nutriments. Car les bêtes se nourrissent également d’herbe et de résidus de récoltes.
Alors tout ce qui pousse sur le sol prend des nutriments du sol. Nous devons trouver des moyens de les restituer au sol, soit sous forme de compost, soit sous forme de fumier de paillis.


